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12 mai 2025

Packraft et itinérance dans les Gorges du Gardon

Ayant passé 3 années de ma vie à étudier dans cette magnifique région gardoise, je suis tout honteux d'admettre que pendant tout ce temps là je n'ai pas posé un seul pied dans l'arrière pays. Dont acte ! Que cette bourde impardonnable soit réparée ! Après avoir arpenté presque une centaine de kilomètres du chemin de Stevenson il y a quelques années, j'ai décidé qu'en 2025 ce serait le Pont du Gard qui n'aurait plus de secret pour moi. La météo était idéale en ce début de printemps, c'est mon packraft que j'ai sorti (il croupissait dans le placard, mon pauvre petit, la prunelle de mes yeux 😢) afin de découvrir les Gorges du Gardon. Voici les quelques points clés de cette micro-aventure :

Jour 1

🛶 Carnet en lecture seule — plein écran ↗

Toujours est-il que l'après midi était déjà bien avancée au moment où je suis parti, mon objectif étant d'effectuer une dizaine de kilomètre avant de trouver un spot où planter la tente. Différentes zones sont restreintes, les lieux de bivouac candidats étaient donc peu nombreux (ils se résumaient à : la ligne droite avant le Pont Saint-Nicolas, globalement). Une fois rentré tout doucement sur l'eau dans les gorges, c'est le calme total dans lequel je me trouve qui me frappe en premier. Le nombre de personnes rencontrées se compte sur les doigts d'une main : quelques promeneurs aux alentours de Russan, quelques kayakistes, et pi c'est tout. Le silence de la fin d'après midi est tout juste troublé par un exercice de tir à gros calibre, qui résonne salement en écho dans les Gorges. Malgré tout je suis quand même récompensé par les piaillements des oiseaux en grand nombre, qui m'accueillent en fête pour m'être bougé le derrière jusqu'ici. Quoiqu'il en soit, avec un soleil sur la pente descendante je n'ai plus eu aucune visite, plus entendu aucun tir, et j'ai pu monter le bivouac à temps pour m'abriter des quelques gouttes que me réservait la fin de journée.

Le point d'arrêt du jour
Le point d'arrêt du jour

Jour 2

🛶 Carnet en lecture seule — plein écran ↗

Le deuxième jour commence avec une brume matinale un peu fraîche, lentement dissipée par le goût délicat du café soluble, et par les rares rayons du soleil à travers les nuages.

La rivière est très peu agitée et c'est un réel plaisir de se réveiller de cette façon, dans un calme total, avec quelques ruines ici là qui témoignent de la puissance des crues du Gardon, et le vol de nombreuses aigrettes qui nous accompagnent au gré de l'eau.

Départ sous un ciel grisâtre, mais il est beau comme un camion 😍
Départ sous un ciel grisâtre, mais il est beau comme un camion 😍
Au loin se profile le pont Saint-Antoine
Au loin se profile le pont Saint-Antoine

Après le pont Saint-Antoine la rivière s'accélère un peu. De manière étonnante il faut parfois manœuvrer pour éviter quelques arbres en travers de la veine d'eau. Il est 10h et cela tombe à point nommé afin de se réveiller un peu les méninges.

On serpente, on zigzague ... Des tonnes d'oiseaux, des grottes, des falaises superbes, le glouglou de l'eau ... Je croise quelques personnes à la Baume, où je me dis que j'aurais dû me renseigner au préalable car je n'ai aucune idée de ce que je regarde (mais c'est joli vous pouvez me croire !).

La rivière s'agite un peu plus après ça
La rivière s'agite un peu plus après ça
Les ruines d'un moulin à la Baume
Les ruines d'un moulin à la Baume

A l'approche de Collias, on entend petit à petit le seuil. Le portage est nécessaire à mon avis, et faisable facilement en rive gauche. Il est possible de débarquer en plusieurs points de la rive. Je n'ai pas été très téméraire mais il est peut être possible de débarquer vraiment juste avant le barrage.

Quelques centaines de mètres de marche jusqu'à une petite plage déjà bien fréquentée, un petit sandwich, et ça repart !

Le clou du spectacle arrive avec le Pont du Gard, victime de son succès ce qui est finalement normal vu les températures quasi estivale de cette après-midi. C'est clairement le hot spot du parcours, qui mérite totalement sa réputation (hihihi regardez les gens sont tout pitits vu d'ici).

Ah ! Il est connu lui non ?
Ah ! Il est connu lui non ?
Oui effectivement il me dit quelque chose 🤔
Oui effectivement il me dit quelque chose 🤔

Remoulins arrive enfin en vue. Les possibilités de débarquement sont nombreuses. Je choisis le parking le plus proche de la ville afin de m'extirper de la rivière.

A noter qu'il y a un seuil un peu avant le pont routier, et il ne semble pas y avoir de passe à kayak. Le portage sur le chemin qui longe la rive gauche semble être une bonne option si certains veulent s'aventurer au delà.

A l'approche de Remoulins
A l'approche de Remoulins

Épilogue : retour à Russan par les transports en commun

La zone étant géographiquement un peu particulière, il a fallu que je prévoie la bagatelle de 3 bus différents afin de retourner près de ma voiture garée à Russan, pour un temps de trajet prévisionnel de 2h ! La véritable aventure commençait maintenant.

Les 2 premiers trajets (car TER n°121 et bus TanGo n°61) se sont déroulés avec une facilité déconcertante, et je fus sidéré de voir que ma chance m'avait quittée lorsqu'on m'appris que le bus TanGo n°62 qui fait la liaison entre la Calmette et Russan ne circulait pas le weekend 😭

Après quelques tentatives de stop totalement infructueuse j'ai remis bien malgré moi mon chapeau d'aventurier afin de réaliser une petite marche de 5 kilomètres le long des départementales gardoises (vitesse estimée des voitures = 1 million de km/h) et des chemins boueux (ils me doivent une paire de chaussure).

L'arrivée à la voiture n'en était que plus gratifiante ! Ciao Gardon et à la prochaine ! (tes spots d'escalades ont l'air fort sexy)

Le carnet complet

Trace, points d'intérêt, hébergements et profils jour par jour — le carnet intégral en lecture seule :

🛶Gardon31 km · 2 jours · kayakOuvrir ↗

Carnet publié à l'origine sur expemag.com.